
Renate Matthei, Prof. A. Grosser, Angelika Trilling im Gothe-Institut Paris
Angelika Trilling,
Annie Corroy-Schwarz
6 mars 2008
Institut Goethe, Paris, 6 mars 2008
Une petite histoire du projet
Erinnerungen Raum geben – Making Memories Matter
– donner place aux souvenirs –
Je voudrais tout d'abord remercier M. Grosser de son introduction à notre exposition. Nous sommes très honorés des ses mots gentils et sympathique.
Merci aussi à l'Institut Goethe et madame Ridder de leur invitation à vous raconter brièvement l’histoire de Erinnerungen Raum geben – Making Memories Matter – donner place aux souvenirs.
Ce projet européen est devenu pour tous ceux qui s’y sont engagés – une aventure et un grand plaisir – pour ne pas dire une passion … et quelquefois un cauchemar!
Sous la coordination du RESEAU EUROPEEN DE REMINISCENCE le projet a été conçu par des partenaires de sept pays pour commémorer le soixantième anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Notre projet a été rendu possible dans le cadre du programme européen „héritage culturel“- culture 2000.
A Londres, à Poznan en Pologne, à Kotka en Finlande, à Prague, à Cluj-Napoca en Roumanie, à Barcelone et à Kassel en Allemagne nous avons procédé dans la même manière: Nous avons cherché des gens appartenant aux générations dont les souvenirs remontent jusqu’à l’entre-deux-guerres et qui avaient envi à les partager avec une publique européen.
Il nous fallait donc trouver une méthode à présenter ces histoires de vie d’une manière compréhensible à tous, quels que soient leur langue, leur âge et leur pays d’origine.
En outre, ces souvenirs devaient être faciles à présenter et à transporter.
Nous avons donc décidé de réaliser des boîtes-souvenir, une idée de deux jeunes artistes allemandes qui, en 1995 – quarante ans après la fin du Deuxième Guerre Mondial, avaient proposé aux habitants de la ville de Hildesheim de présenter leurs souvenirs dans des caisses à munitions. – Faut-il expliquer le symbole?
Comment s’imaginer ce processus de réalisation?
Chaque participant a reçu une caisse à munitions vide. Dans quelques pays où on n’avait pas réussi à en trouver, on a dû fabriquer d' autres boîtes. Puis chacun a été encadré par un artiste local qui l'a aidé à rechercher dans sa mémoire les histoires qui l' avaient marqués.
Dans certaines villes, comme Barcelone et Kassel, on a également travaillé avec des personnes atteintes de la maladie d' Alzheimer. Pour compenser leurs difficultés à se souvenir, un membre de la famille a accompagné le père, la mère ou l’époux. En les aidant à retrouver des souvenirs ils ont bien sûre aussi retrouver ses propres souvenirs familiaux.
Le travail de créer une boîte-souvenir s’est fait non seulement en discutant mais surtout et avant tout:
§ en recherchant et regardant des documents personnels comme de vieilles photos ou des papiers d’identité,
§ en sentant des parfums d’autrefois ou du tabac qui avait été fumé par un père décédé depuis longtemps;
§ en retrouvant seul ou avec toute la famille des objets oubliés parfois depuis longtemps au fond d’un tiroir ou d’une armoire. En les touchant et en les arrangeant dans la caisse des tas de souvenirs - et surtout d' émotions - ont ressurgi du passé.
Ainsi ont été réalisées plus de cent boîtes-souvenir pendant l’hiver 2004/5. On a choisi une cinquantaine d’elles pour participer à une exposition itinérante.
Au début il s’agissait seulement de montrer cette exposition dans les sept villes qui avaient participé initialement à ce projet.
Mais l’idée a fait boule de neige: les organisateurs du projet ont été invités à présenter leur exposition dans un nombre toujours plus grand de villes où elle a souvent fait des émules.
C’est pourquoi on trouve maintenant aussi des boîtes-souvenirs en Belgique, en Estonie, en Autriche, en Bulgarie et dans plusieurs villes allemandes.
Je suis particulièrement heureuse de voir ici deux des nos amies estoniennes.
Grâce à la ténacité et la créativité de Mme Arlette Goldberg nous avons le plaisir d’ajouter la France à cette liste. Vous avez ainsi l’occasion d’admirer parmi les boîtes européennes aussi des boîtes françaises.
Des milliers de personnes ont visité les expositions et des actions inspirées par celles-ci.
A Londres, où les boîtes ont été créées par des immigrés, des jeunes écoliers – eux mêmes issus de l'immigration - ont mis en scène les histoires qu’ils avaient vues dans les boîtes. A Kotka, à Tallin et à Cluj, les créateurs du boîtes ont mis eux-mêmes leur histoire en scène.
Même si le projet a été conçu pour commémorer la fin de la guerre nous n’avions pas proposé aux participants de se restreindre aux souvenirs de ces années difficiles. Evidemment, la guerre est présente dans presque toutes les boîtes. En même temps on peut y trouver des témoignages touchants de la vie familiale, d’amitié, de fierté du travail et d’amour du pays. Étonnant – ou peut être plutôt rassurant dans une Europe en processus d’unification – on discerne des thèmes très semblables et des liens forts entre les boîtes de pays différents et même opposés pendant la guerre ou pendant les décennies qui ont suivi.
De temps à temps on me demande qui est responsable pour le projet, presque trois année après son fin officielle indiquée dans le programme initiale proposé à la commission européenne. Qui est le directeur, qui donne des ordres?
Je n’ai pas de réponse simple et claire.
D’une manière difficile à expliquer, ces boîtes ont maintenant leur vie propre. Elles témoignent une fascination qui incite tant d’engagement bénévole, tant de créativité de surmonter des difficultés soit financièrers, soit logistiques ou techniques.
C’est pourquoi je voudrai remercier à ce point les personnes qui se sont engagées pour ce projet et qui sont venue de Kassel avec moi pour assister à l’ouverture de l’exposition à Paris:
Renate Matthei, propriétaire de la maison d’édition euregio qui a eu le courage de publier le catalogue du projet;
Eva Schulz-Jander la directrice de l’organisation pour la coopération judéo- chrétienne qui a écrit pour ce livre un article touchant,
et un merci très spécial à Manfred Zalfen notre organisateur de génie.
Pour finir je profite de l’occasion qui m’est donnée pour mentionner mon amie et collègue londonienne, Pam Schweitzer. C’était elle qui a développé depuis les années 1980 l’idée et la méthode du travailler avec les souvenirs des personnes âgées comme je vient d’expliquer avec exemple des boîtes-souvenirs – et beaucoup l’ont suivi en Europe et ailleurs.
En invitant les personnes âgées, des immigrés et de malades de nous faire partager leurs souvenirs on leur donne une voix qu’on n’entendrait autrement que très rarement.
Et eux en retour nous permettent de retrouver dans ce boites si individuelles et différentes des images et des sensations qui nous mènent à nos mémoires à nous.
Ausstellung
im Foyer des Amtsgerichtes Kassel